Friday, 8 April 2011

Kibou Niji Rengou Rainbow Fighters. Épisode 9 : tous à l’hôpital

Nous retrouvons Alexandra dans une salle blanche. Elle est assise et feuillette nerveusement un magazine. On voit passer des gens en blouse blanche, des femmes comme des hommes, et on entend parfois une voix par haut-parleur. Eh oui, nous sommes dans un hôpital, où Alex attend impatiemment qu’on lui donne des nouvelles de grand-père. Elle relève la tête et voit arriver Martin et Angel.
« Alors ? demande Martin.
— Il est toujours aux urgences, dit Alex dont la voix tremble. Ils m’ont dit que le médecin viendrait me voir quand il y aurait du nouveau. »
Justement, un homme arrive, en costume-cravate sous sa blouse blanche. Il tient quelques feuilles à la main.
« Vous êtes Alexandra Duciel ? demande-t-il.
— C’est moi, répond-elle en se levant. Comment va-t-il ?
— Vous êtes de la famille ?
— Non, une amie. Il n’a plus de famille.
— Bon. Il est hors de danger. Mais nous l’avons transféré en réanimation.
— Il est dans le coma ? demande Martin.
— Oui… et non, répond le médecin. C’est la première fois que je vois un cas comme celui-ci.
— Comment ça ? demande Alex qui semble avoir du mal à tenir sur ses jambes.
— Tous les tests sont normaux, que ce soient les tests sanguins et toxicologiques, mais son corps semble fonctionner au ralenti. Son pouls est régulier mais lent et faible, sa tension basse mais stable, et aucun phénomène physique ne peut expliquer cela : pas de germes pathogènes, pas de modification de la constitution du sang, pas de traumatisme, et pourtant même son cerveau semble fonctionner au ralenti. Mais il me paraît hors de danger. Nous le gardons en réanimation le temps que ses fonctions vitales reprennent un peu de vigueur.
— Est-ce que je peux le voir ? demande Alex.
— Désolé, mais les visites sont interdites en réanimation. De toute façon, il est inconscient et vous n’aimeriez pas le voir dans cet état. Mais dès que nous le transférerons dans une chambre normale, vous pourrez aller le voir.
— Et ce sera long ?
— Malheureusement je ne peux pas vous dire, son état est tellement étrange… Mais ne vous inquiétez pas, continue le médecin, il a l’air solide malgré son grand âge. Je vous jure qu’il s’en sortira. Maintenant, excusez-moi mais il faut que j’y aille.
— Merci docteur.
— Je suis là pour ça. »
Pendant que le médecin s’éloigne, Alexandra regarde Martin et Angel.
« Qu’est-ce qui s’est passé ? J’ai besoin de savoir. »
Soudain un côté du manteau d’Angel se met à bouger. Ce dernier met sa main dessus et dit :
« D’accord, mais pas ici. Allons dans un endroit plus calme. Quelle heure il est au fait ?
— 6h30, dit Martin.
— Bon, ça va encore. Mais il faut pas que je rentre trop tard ou ma tante va s’inquiéter.
— Allons dehors, propose Martin.
— D’accord. »
Nos trois compères se dirigent vers la sortie, et en marchant Martin et Angel expliquent à Alex le peu qu’ils savent de la Confrérie de l’Arc-en-Ciel Noir et de ses exactions. Ils sortent finalement de l’hôpital et se dirigent vers un coin tranquille du jardin où ils s’asseyent sur un banc. Angel ouvre son manteau et Niko en sort à toute vitesse. Il se pose sur le dossier du banc en s’ébrouant.
« Ahh… Enfin sorti, dit-il. J’ai horreur d’être enfermé comme ça.
— T’avais qu’à pas insister pour entrer dans l’hôpital aussi, dit Angel sur un ton de reproche. Les animaux y sont interdits, même ceux qui parlent.
— Un oiseau qui parle… J’ai du mal à y croire. Et tout ça, ces pouvoirs, dit Alex en sortant son pendentif, et grand-père attaqué par une espèce de monstre, et le médecin qui ne sait pas ce qui lui est arrivé...
— On lui a volé son énergie vitale, explique Niko. Sans elle, ses fonctions vitales sont ralenties. Il faut attendre qu’il régénère une nouvelle énergie vitale, et il se réveillera. Tu es arrivé juste à temps Martin. Si Nitarh avait continué à lui prendre son énergie ne serait-ce que quelques secondes de plus, cet homme serait mort à l’heure qu’il est. Mais il va aller bien, s’empresse-t-il d’ajouter en voyant la réaction d’Alex, ses jours ne sont pas en danger.
— Mais qui sont ces gens et qu’est-ce qu’ils veulent ? !
— Pour ce que nous en savons, ils en veulent à l’énergie des humains. Ils en ont certainement besoin pour mener à bien leurs plans, quels qu’ils soient, explique Martin.
— Mais nous sommes là pour les en empêcher, continue Angel. Et maintenant que nous sommes trois, nous allons être encore plus efficaces !
— Je crois que je comprends maintenant ce qui me poussait à vouloir te revoir Alex, dit Martin. D’une manière ou d’une autre, je sentais que tu étais des nôtres. Qu’est-ce que t’en penses Niko ?
— C’est possible, répond-il. J’ai eu la même impression que toi.
— Et moi alors ? demande Angel. Pourquoi j’ai rien senti ? J’étais le premier pourtant ? ! »
Le ton gamin d’Angel fait éclater de rire Alex pendant que Niko et Martin lèvent les yeux au ciel.
« Quoi ? Qu’est-ce que j’ai dit ? Quoi ? Quoi ? ! »

Nous retrouvons Nitarh au centre du cercle formé par les Sages Noirs. Il est visiblement content de lui. Mais les Sages le ramènent à l’ordre :
« Tu es parvenu à apporter plus d’énergie que la dernière fois, mais cela est loin d’être suffisant. Et ta soldate n’est pas parvenue à se débarrasser de ces gamins irritants.
— Ces gamins sont un danger pour nous, dit un autre Sage Noir avec la même voix, ce qui oblige Nitarh à se tourner vers lui. Tu dois t’en débarrasser.
— N’ayez crainte, ma prochaine créature ne se fera pas avoir comme les précédentes, dit Nitarh d’un ton arrogant.
— Tu ferais bien de ne pas être si sûr de toi, dit un troisième Sage Noir, N’oublie pas l’échec d’Atarh.
— Je ne l’oublie pas, Sages Noirs. Je ne ferai pas les mêmes erreurs que lui.
— As-tu trouvé une nouvelle victime ? demande un autre Sage Noir.
— Pas encore, mais je sais exactement où chercher.
— Alors va vite ! Ne perds pas de temps ! Notre maître a besoin de cette énergie.
— Je pars tout de suite », dit Nitarh en s’inclinant.
Il recule dans l’ombre et disparaît.

La nuit est tombée sur Paris. C’est une nuit sombre sans étoiles, et la chambre d’hôpital où dort grand-père est presque complètement noire, à part un filet de lumière filtrant de la porte d’entrée. Nous voyons une ombre se former sur un mur, puis se solidifier en Nitarh qui reste presque complètement caché.
« J’ai bien fait de suivre ma dernière victime. Ils l’ont emmené dans un lieu rempli de gens au service des autres, se dédiant nuit et jour à soigner leur prochain. Pauvres imbéciles ! Ma prochaine victime sera l’un d’entre vous ! »
La porte de la chambre s’ouvre soudain. Nitarh a juste le temps de se cacher dans un coin de la chambre quand une jeune infirmière allume la lumière. Elle regarde grand-père avec des yeux remplis de compassion.
« Monsieur, comment allez-vous ce soir ? demande-t-elle à grand-père. Je suis désolée de vous déranger mais je dois prendre votre température et votre tension. »
Elle continue à lui parler gentiment pendant que Nitarh pense : « Idiote ! Il ne peut pas l’entendre. Alors pourquoi lui parle-t-elle de cette façon ? ! » Il fait apparaître son Miroir de l’Ombre et le dirige vers la jeune infirmière. Le Miroir se met à briller très fortement.
« Ce sera ma prochaine victime, pense Nitarh. Elle passe sa vie à aider les gens comme lui. Petite chrysalide, rejoins cette ombre accueillante. »
Il ouvre l’autre main et une petite chrysalide s’envole doucement vers l’infirmière. Quand elle a atteint son ombre, elle s’y fond et disparaît. L’infirmière n’a rien remarqué. Nitarh se dit : « Et voilà ! Quelques jours de couvaison et la récolte sera prête ! » Il redevient une ombre puis disparaît. À ce moment, l’infirmière tourne la tête vers l’endroit où Nitarh se trouvait il y a un instant. Comme elle ne voit personne elle se dit : « Non, j’ai dû rêver » et elle se penche de nouveau vers grand-père.
« je reviendrai dans deux heures, dit-elle. Dormez bien monsieur. »
Elle se dirige vers la porte, regarde grand-père une dernière fois, éteint la lumière et ferme la porte.

Quelques jours de pluie plus tard (eh oui ! Les giboulées sont arrivés !), Alex retrouve Angel, Martin et Niko dans le « jardin secret » d’Angel. Évidemment, il s’agit de présenter Alex à Aniva. C’est donc sous la pluie que Niko fait apparaître Aniva. Mais celle-ci porte encore le même costume (après tout, ce n’est qu’une image, elle s’en fiche de la pluie !). Aniva salue Alex :
« Te voilà donc, Green Bow, le défenseur de l’espoir. Je suis très heureuse de te rencontrer.
— Merci, prêtresse Aniva. Je me sens encore un peu perdue mais je suis très heureuse de pouvoir vous aider.
— C’est tout à fait normal. Recevoir le pouvoir sacré d’une couleur est une charge difficile à accepter. Merci pour ton courage et ta compréhension.
— Après ce qu’ils ont fait à grand-père, c’est normal. Mais je me sens encore bizarre. Cette transformation, ces pouvoirs… Pourquoi moi ?
— Ça reste une des énigmes que je n’arrive pas à résoudre, dit Aniva. Le fait que tes cheveux ont changé de couleur à un moment crucial montre que tu étais marquée d’une certaine façon, que tu étais destinée à recevoir ces pouvoirs. C’est la même chose pour toi Martin. Mais pourquoi vous et pas quelqu’un d’autre ? Je l’ignore toujours…
— En parlant d’énigmes, avez-vous trouvé des informations concernant la Confrérie de l’Arc-en-Ciel Noir ? demande Martin.
— Aucune. Les fichiers restent désespérément vides. Vous devez essayer d’amasser le plus d’informations possibles sur ces êtres et leurs agissements.
— C’est très difficile, dit Martin. On ne sait pas où ils se terrent, ni quels sont leurs plans. On ne fait que réagir à leurs attaques. Et pour l’instant on a eu beaucoup de chance. Qui sait combien de temps ça va durer ?
— C’est pourquoi vous devez rapidement trouver vos autres compagnons, dit Aniva. Ce n’est qu’au complet que vous pourrez utiliser votre plein potentiel. À ce propos, voilà pour toi, Alex. »
Un bracelet-montre vert ressemblant à celui d’Angel et Martin apparaît dans la main d’Alex.
« Ce communicateur te permettra de rester en contact avec les autres Combattants de l’Arc-en-Ciel, où que tu te trouves.
— Merci, prêtresse Aniva, dit Alex en mettant son bracelet.
— Maintenant, retournez à vos occupations et ouvrez l’œil. L’ennemi peut attaquer à tout instant. Je suis avec vous de tout cœur. »
Sur ces mots, Aniva disparaît.
« Bon, on est pas plus avancés, dit Martin.
— Peut-être, mais maintenant on peut communiquer avec Alex au moins, dit Angel avec un grand sourire. Bon, il faut que j’y aille. J’ai rendez-vous avec Lydia chez elle. Il faut qu’on révise. Encore un contrôle d’histoire, ajoute-t-il avec un soupir.
— Et moi j’ai un entraînement dans moins d’une demi-heure.
— Moi je vais aller voir comment va grand-père, dit Alex.
— Ah oui ? Il est sorti de réanimation ? Dans ce cas, tu pourras nous donner de ses nouvelles demain ?
— Bien sûr. Et puis maintenant que j’ai un communicateur, je pourrai vous parler quand je voudrai ! ajoute-t-elle avec un sourire lumineux malgré la pluie.
— Ah non ! s’écrie Niko. Le communicateur ne doit être utilisé qu’en cas d’urgence. Peut-être que nos ennemis sont capables de recevoir les communications radio. Il ne faudrait pas que vous soyez découverts !
— Pfff… Rabat-joie ! » dit Alex avec un soupir de dépit.
Elle se retourne et de commencer à se frayer un chemin vers la sortie. Martin et Angel se regarde l’un l’autre et ont la même pensée au même moment : « elle est impossible cette fille ! »

Trois quarts d’heure plus tard, Alex entre dans la chambre où dort grand-père. Bien qu’il soit considéré hors de danger, plusieurs appareils restent branchés sur lui et surveillent en permanence ses fonctions vitales, ce qui est impressionnant pour une jeune fille insouciante comme Alex. Mais au moins il ne porte pas de masque à oxygène et son visage est serein, comme celui de quelqu’un en plein sommeil.
« Bonjour grand-père, dit Alex en approchant une chaise du lit. C’est moi, Alex. Je suis venu voir comment tu allais. Je vois que tu dors toujours. C’est pas grave, ça te fait du bien de te reposer. Je suis désolée mais la boutique est toute cassée. On n’a pas réussi à empêcher le monstre de tout saccager. Mais c’est pas grave. Quand tu iras mieux, je t’aiderai à tout réparer, et je suis sûre qu’Angel et Martin se feront un plaisir de nous aider. »
Elle continue à parler comme ça pendant un long moment, racontant sa journée, les photos qu’elle a prises, etc. À un moment, alors qu’elle est au milieu de sa dernière journée de shopping (« C’est pas parce qu’il pleut qu’on ne peut pas être bien habillée » dit-elle), la porte de la chambre s’ouvre et la jeune infirmière entre.
« Oh ! s’écrie-t-elle. Je suis désolée, je ne savais pas que vous étiez là mademoiselle.
— C’est pas grave, dit Alex. J’étais juste là pour tenir compagnie à grand-père. Vous croyez qu’il entend quand on lui parle ?
— Bien sûr, dit l’infirmière. Je lui parle toujours quand je viens le voir. D’ailleurs c’est ce que je viens faire ici, lui prendre sa tension et sa température. Ça ne vous dérange pas de vous éloigner un peu du lit pendant un petit moment ?
— Pas du tout », dit Alex avec un grand sourire.
Elle se lève. L’infirmière commence à avancer quand soudain ses jambes semblent ne plus la porter et elle tombe en lâchant son matériel.
« Mademoiselle ! s’écrie Alex en courant vers elle. Mademoiselle, ça va pas ? ! »
Mais l’infirmière est évanouie et ne peut répondre. Alex court dans le couloir et appelle au secours.
« Aidez-moi ! Aidez-moi ! Y’a une infirmière qui se sent mal ! »
Alertés par ses cris, deux infirmiers accourent et entrent dans la chambre. Ils soulèvent l’infirmière et l’allongent sur le second lit de la chambre (heureusement qu’il est inoccupé), puis courent chercher un médecin en remerciant Alex au passage.

Quelques minutes plus tard, l’infirmière a repris conscience tandis qu’un médecin l’examine.
« Surmenage, diagnostique-t-il. Vous travaillez beaucoup trop. Ça ne m’étonne qu’à moitié d’ailleurs. Si je me rappelle bien, vous faites votre travail plus celui d’une collègue en congé maladie. Ça n’est pas sérieux. Vous êtes en état d’hypoglycémie profonde. Je vous ai fait mettre sous perfusion pour l’instant, mais ce soir je veux que vous rentriez chez vous et que vous preniez au moins quinze jours de repos. Je vais remplir les papiers nécessaires.
— Mais… dit l’infirmière d’une voix faible, je ne veux pas arrêter de travailler. Être infirmière c’est toute ma vie !
— Votre vie ne tiendra plus à grand chose si vous continuez sur ce rythme. Vous allez prendre quinze jours de repos. C’est un ordre ! Compris ?
— Oui », répond-elle d’une toute petite voix.
Le médecin quitte la chambre, tandis qu’Alex qui est toujours là se rapproche du lit de l’infirmière.
« Ça va mademoiselle ? demande-t-elle.
— Ah, vous êtes toujours là. Ça va à peu près, merci. J’espère que je ne vous ai pas fait trop peur.
— Non, vous inquiétez pas. J’étais juste inquiète. Il faut que vous vous reposiez, trop travailler ça apporte que des problèmes.
— Je ne peux pas, ce travail c’est toute ma vie. J’en rêve depuis que je suis toute petite. Aider les gens est ma vocation, les aider à surmonter la douleur et la maladie, être là quand ils ont besoin d’aide.
— Mais c’est pas en ruinant votre santé que vous allez les aider. Comment voulez-vous aider les gens si vos jambes ne vous soutiennent plus ? !
— Vous avez raison, je m’en rends compte maintenant. Mais c’est si difficile. Je suis nouvelle ici et il faut encore que je fasse mes preuves.
— Et vous les ferez, continue Alex sur un ton sérieux, mais pas de cette façon. Mais il faut que vous vous accordiez du repos. De toute façon, ajoute-t-elle avec un sourire, je ne veux pas d’une infirmière malade pour s’occuper de grand-père, et pourtant je veux que ce soit vous qui vous en occupiez. Alors il va bien falloir que vous vous reposiez ! »
L’infirmière sourit.
« D’accord mademoiselle. Si vous insistez tant que ça je vais le faire. Ce soir je rentre chez moi et je prends du repos.
— Bien ! dit Alex d’un ton décidé. Marché conclu. En attendant, voulez-vous que j’aille vous chercher quelque chose ?
— Un peu d’eau me ferait du bien, merci.
— Je vais vous en chercher tout de suite. J’en ai pas pour longtemps, alors ne bougez surtout pas OK ? »
L’infirmière qui de toute façon est trop faible pour bouger autre chose que son petit doigt acquiesce doucement, et Alex sort de la chambre pour chercher de l’eau. Elle a à peine repoussé la porte que l’ombre d’une armoire se tord, s’épaissit et se matérialise en Nitarh. L’infirmière a tout de suite senti une présence et tourne lentement la tête. Quand elle voit Nitarh elle essaie de crier, mais elle est si faible que seul un petit son sort de sa bouche.
« Ce n’est même pas la peine d’appeler à l’aide, petite idiote, dit Nitarh. Tu es trop faible pour me résister, mais ton corps est empli d’une énergie qui me sera très utile. Regarde-toi donc ! »
Nitarh tend son Miroir de l’Ombre en direction de l’infirmière dont les yeux tombent sur son reflet. À cet instant, le Miroir commence à absorber l’énergie vitale de l’infirmière sous la forme d’un flux de lumière blanche et laiteuse. Si faible que ses gémissements sont à peine audibles, l’infirmière retombe rapidement dans l’inconscience.
« C’est une superbe récolte ! Les Sages seront contents de moi ! »

Au même moment, Alexandra revient avec une petite bouteille d’eau. Elle se prépare à pousser la porte de la chambre quand elle remarque une étrange lumière qui filtre par l’entrebâillement de la porte. Elle la pousse délicatement et voit Nitarh voler l’énergie de l’infirmière. Sa surprise manque de lui faire lâcher sa bouteille mais elle se ressaisit et court se cacher dans les toilettes. Là elle ouvre son communicateur :
« Vite, Angel, Martin ! Je crois que je viens de voir Nitarh s’attaquer à une des infirmières de l’hôpital !
— Tu es sûre ? demande Niko.
— Oui, il correspond à la description que vous m’en avez faite et je crois qu’il est en train de voler l’énergie vitale de l’infirmière.
— On arrive tout de suite ! dit Martin. Occupe-le pendant ce temps.
— D’accord ! »
Alex décroche alors son Amulette de son pendentif et crie :
« Amulette Verte, métamorphose ! »
Une fois transformée, Green Bow se dirige vers la chambre au pas de course.

Pendant ce temps, Nitarh continue à pomper l’énergie de l’infirmière. Il sourit d’une oreille à l’autre quand soudain le flux d’énergie semble s’inverser.
« Quoi ? ! Encore ? ! Ah non, pas cette fois ! »
Il écarte le Miroir de l’Ombre et le flux s’arrête. Mais il semble tout de même en colère.
« Cette garce est parvenue à réabsorber plus de la moitié de ma récolte en si peu de temps ! Tu vas me le payer toi !
— Pas si vite !
— Qui… ? ! » s’écrie Nitarh en se tournant dans la direction de la voix.
Green Bow est debout devant la porte de la chambre, les mains sur les hanches et le regard dur.
« Une fille cette fois ! Qui es-tu, gamine ? ! »
Green Bow réfléchit à peine une fraction de seconde et trouve l’inspiration pour une phrase bien tournée :
« En tant que défenseur de l’espoir, je dois protéger ce lieu que tu as souillé. Tu ne mérites même pas l’air que tu es en train de respirer. Aussi moi, Green Bow, je vais te punir !
— Encore une grande gueule à ce que je vois, dit Nitarh pas impressionné du tout. Mais voyons de quoi tu es capable. Créature de l’Ombre, apparais ! »
L’ombre de l’infirmière s’étend et s’assombrit, puis quelque chose de visqueux s’en déplie et s’ébroue. C’est un monstre à la peau verte, en blouse d’infirmière, mais possédant de longues cornes de gazelle en guise de chevelure.
« Infirmièraya à votre service, maître, dit la monstresse.
— Occupe-toi de cette idiote en vert pendant que j’amène l’énergie que j’ai récupérée aux Sages Noirs, lui ordonne Nitarh.
— À vos ordres. »
La silhouette de Nitarh redevient ombre et disparaît dans l’ombre de l’armoire tandis qu’Infirmièraya se tourne vers Green Bow.
« As-tu fait tous tes rappels de vaccin ma petite ? demande Infirmièraya de sa voix cassée.
— Euh… Je crois… Oui, dit Green Bow, déstabilisée par cette question.
— Eh bien moi je n’en suis pas sûre ! »
Le monstre fait un mouvement et envoie une dizaine de seringues en direction de Green Bow qui les évite de peu. Elle a d’ailleurs bien fait, car les seringues se sont fichées dans le mur derrière elle. Le monstre recommence, et Green Bow saute de nouveau en hurlant :
« Non ! Je déteste les piqûres !
— Il ne faut pas, dit la monstresse. Ce ne sera qu’un très long et très douloureux moment à passer. »
Elle lance de nouveau des seringues, mais Green Bow les évite encore et les seringues brisent la fenêtre qui était derrière elle. Sans réfléchir, Green Bow saute par cette ouverture providentielle, quand elle se rend compte que la chambre de grand-père est au troisième étage de l’hôpital.
« Non ! » hurle-t-elle.
Elle se prépare à recevoir le choc du sol, mais elle tombe dans les bras de quelqu’un ! Elle ouvre les yeux et se rend compte qu’elle est dans les bras de Red Bow.
« Bah alors, il faut pas sauter comme ça au cou de n’importe qui, dit ce dernier en souriant.
— Je vois qu’on est arrivé au bon moment, dit Rain Bow juste à côté.
— Ouf, merci Mar… Red Bow », dit Green Bow, soulagée.
Red Bow remet Green Bow debout, quand Infirmièraya atterrit non loin d’eux, ayant pris le même raccourci.
« Qui êtes-vous ? !
— Dans un hôpital, les patients ont besoin de tranquillité pour pouvoir guérir. Tu as brisé cette tranquillité. C’est quelque chose que je ne peux pardonner. Prends garde ! Car je suis le messager de l’espoir, Rain Bow !
— Et moi je suis Red Bow, le guerrier de l’espoir, et mon feu intérieur te le fera payer !
— Je crois que je vais vous examiner vous aussi, dit le monstre de sa voix cassée. Il me semble que vos vaccins ne sont pas en règle non plus ! »
Infirmièraya lance de nouveau une poignée de seringues vers les Combattants de l’Arc-en-Ciel.
« Ah non ! Pas encore ! s’écrie Green Bow. Barrière de Vent ! »
Un mur de vent s’élève entre les Combattants et le monstre et les seringues se brisent contre ce mur.
« À moi de jouer ! s’écrie Red Bow. Boule de Feu ! »
Il envoie une boule de feu qui enflamme la blouse de la monstresse qui se met à hurler.
« Et le coup final est pour moi ! dit Rain Bow. Rubans Arc-en-Ciel !
— Aaaaaaaaaaaaaaaaah ! »
Infirmièraya est frappée de plein fouet par les Rubans Arc-en-Ciel et se transforme en une statue de sable dont une fumée noire se dégage. Elle finit par se désagréger, soufflée par le vent.
« Waouh ! On s’en est débarrassé rapidement cette fois, dit Rain Bow.
— À trois c’est toujours plus facile qu’à deux, dit Niko qui était là depuis le début. C’est pourquoi vous devez activement rechercher vos compagnons. Tous ensemble vous pourrez vaincre l’ennemi.
— C’est bon à savoir ça ! »
Tout le monde se retourne. C’est Nitarh qui a parlé, debout sur un mur de briques, les bras croisés.
« Vous êtes désormais trois à ce que je vois. Très bien, je ferai en sorte que vous ne soyez jamais plus nombreux.
— Attends un peu Nitarh ! s’écrie Red Bow. Boule de Feu !
— Non Red Bow ! » crie Niko.
Trop tard. La boule de feu est partie en direction de Nitarh mais sa silhouette devient noire et la boule de feu le traverse sans lui causer de dommages.
« Tu as de la chance que je ne sois pas d’humeur à me battre, dit Nitarh en reprenant sa forme normale. Mais la prochaine fois, tu regretteras d’avoir été si impulsif. »
Nitarh redevient une ombre qui coule sur le mur et disparaît dans son ombre naturelle.
« Red Bow ! Te rends-tu compte de ce que tu as fait ? demande Niko sur un ton de reproche.
— J’en ai marre de ce mec et de ses grands airs ! J’ai envie de lui en coller une directe sur sa face de premier de la classe !
— On l’aura, dit Rain Bow en essayant de calmer le jeu. On l’aura un jour, je te le promets. Mais il faut être patient, et découvrir ses points faibles. Et puis il faut qu’on reste ensemble. C’est pas en l’attaquant isolément qu’on a une chance. Rappelle-toi comment on a fait pour avoir Atarh.
— OK, dit Red Bow qui a l’air calmé bien qu’il serre encore les poings. Je serai patient. Mais il ne perd rien pour attendre !
— Oh ! À propos de patients, on a oublié l’infirmière et grand-père ! s’écrie Green Bow.
— Vite ! Changez-vous et allez voir comment ils vont », dit Niko.

Alex, Angel et Martin arrivent enfin dans la chambre de grand-père. L’infirmière est toujours allongée sur le lit mais semble reprendre conscience. Grand-père n’a pas bougé, lui. Et heureusement, aucune des attaques d’Infirmièraya ne l’a atteint. Martin s’approche de l’infirmière. Celle-ci ouvre les yeux et dit faiblement :
« Que… Qu’est-ce qui… s’est passé ?
— Chut… dit Martin. On vous expliquera ça mais pour l’instant il faut que vous restiez couchée. Reposez-vous. »
Alex regarde l’infirmière quand elle remarque du coin de l’œil un mouvement dans le lit de grand-père. Elle se retourne et regarde plus attentivement, puis sent son cœur bondir de joie.
« Angel, Martin ! Grand-père se réveille ! »
Angel et Martin, surpris, s’approchent du lit à leur tour. En effet, grand-père vient d’ouvrir les yeux. Il regarde Alex et semble la reconnaître puisqu’il se met à sourire. Il tente de parler mais ses lèvres tremblantes ne laissent échapper qu’un soupir.
« Chut grand-père, dit doucement Alex, n’essaie pas de parler. Tu es encore trop faible. Mais maintenant que tu es réveillé ça va aller beaucoup mieux. Qu’est-ce que je suis contente ! »

Friday, 1 April 2011

Kibou Niji Rengou Rainbow Fighters. Épisode 8 : le magasin de jouets

Nous sommes à la fin d’un match de basket-ball, et évidemment l’équipe de Martin a encore gagné. D’ailleurs les joueurs sont encore sur le terrain à recevoir des félicitations tandis que l’équipe adverse, toute penaude, est déjà aux vestiaires. Soudain les joueurs se font interpeller :
« Hé les mecs ! Ça vous dérange si j’vous prends en photo ? »
Ils se retournent. C’est une jeune fille qui leur a parlé. Elle est habillée d’un pantalon moulant et d’un tee-shirt encore plus moulant, avec un imperméable qui met en valeur ses formes plutôt que les cacher. Mais le plus impressionnant, ce sont ses cheveux châtains très longs, qui lui arrivent au bas des fesses. Elle est équipée d’un appareil photo qui a l’air d’une complexité effrayante. Ce n’est pas un petit appareil de dilettante ou de touriste, ça se voit tout de suite.
« Mais pas du tout, dit un des joueurs après l’avoir regardée de bas en haut. On ferait n’importe quoi pour une jolie fille comme toi ! Allez les mecs ! »
Ils se joignent tous pour former une vraie mêlée. Cela a l’air de plaire à la photographe car elle les mitraille de flashs. Ils prennent des poses plus acrobatiques les unes que les autres, ce qui fait éclater de rire cette jeune fille. Finalement elle dit :
« Ça y est, je n’ai plus de pellicule, désolé mais on doit s’arrêter là.
— Oh non ! (réaction collective)
— Qui veut que j’aille le voir pour lui montrer les photos quand elles seront développées ?
— Moi ! Moi ! Moi ! (réaction collective, mais beaucoup plus désordonnée)
— Bon, puisque c’est comme ça, je verrai le plus grand d’entre vous. »
Tous les joueurs regardent Martin d’un air déçu.
« Bon… Bah c’est moi, dit ce dernier un peu gêné. Allez au vestiaire les gars, je vous rejoins tout de suite. »
Les autres joueurs s’en vont, grommelant qu’il n’y en a toujours que pour lui et que c’est pas juste. La fille en paraît très amusée.
« Vous êtes rigolos vous.
— Je sais pas si je dois te remercier de dire ça ou si je dois considérer que c’est une insulte…
— C’est un compliment ! » s’écrie-t-elle en riant.
Son rire est si communicatif qu’elle arrive à faire sourire Martin.
« Bon, dit ce dernier. Tu auras développé tes photos quand ?
— Je vais les développer ce week-end. Je pourrai te les amener mardi. Ça te va ?
— Ça me va. On se retrouve devant mon lycée après les cours, c’est le lycée…
— Je sais où se trouve ton lycée, Martin Defeux. Je te connais, dit la fille, qui sourit à l’expression surprise de Martin. Tu es une petite célébrité parmi les sports-études de tous les lycées de Paris.
— Puisque tu connais mon nom, tu vas bien me dire le tien, dit alors Martin.
— Moi c’est Alexandra Duciel, en seconde au lycée Henri IV. On se voit donc mardi à la sortie de ton lycée. Salut !
— Salut. »
Elle lui fait un clin d’œil et part en sautillant et en sifflotant.
« Eh bah ! Elle est pas ordinaire cette fille », se dit Martin en la regardant partir.

Pendant ce temps, les Sages Noirs ne sont pas contents de la prestation de Nitarh et le lui font savoir :
« Nitarh ! Tu devais nous apporter une grande quantité d’énergie humaine ! Le maître est plutôt déçu de ta performance !
— Veuillez m’excuser, dit Nitarh en s’inclinant. J’avais récupéré beaucoup d’énergie, mais cette fille est parvenu à la réabsorber. J’ai été surpris. Cette espèce humaine nous réserve décidément bien des surprises.
— Et que comptes-tu faire alors ? ! demande un autre Sage Noir.
— Je pense que ma victime était trop jeune. Les jeunes regorgent d’énergie, mais ce sont aussi ceux qui la retiennent le mieux. Ils ont des capacités surprenantes. Un humain plus âgé possédera une résistance moindre et je pourrai récupérer plus d’énergie.
— Vas-y alors ! dit un autre Sage Noir. Mais ne te trompe pas cette fois !
— J’entends et j’obéis, Sages Noirs », dit Nitarh en s’inclinant.
Il recule dans l’ombre et disparaît.

Mardi soir. Nous retrouvons Angel, Martin et Lydia à la porte de l’école.
« Elle t’a bien dit qu’elle connaissait ce lycée, dit Lydia.
— Oui, oui, dit Martin. Ça va encore, il est que cinq heures et quart. Peut-être qu’il y a un problème dans le métro.
— T’es sûr que ça va Martin ? lui demande Angel. Depuis hier tu ne parles que de cette fille. Tu serais pas amoureux par hasard ?
— Amoureux moi ? ! s’écrie Martin en forçant un peu trop son rire. Je la connais à peine, et puis… Ah ! La voilà. »
Tous trois regardent. En effet, Alexandra arrive en sautillant. Tout de suite, Lydia la catalogue dans la catégorie « poupée de luxe sans cervelle ». Angel la regarde, est impressionné par sa chevelure, mais c’est tout. Quant à Martin, il la dévore des yeux. Elle arrive enfin devant nos trois personnages.
« Salut Martin, dit-elle avec un grand sourire. Désolée pour le retard mais j’avais oublié l’heure. »
« Tête en l’air ! » pense Lydia dont le visage se renfrogne encore plus.
« C’est pas grave, dit Martin. Tu as les photos ? »
Angel le frappe dans le dos pour lui rappeler leur existence.
« Oh ! Excuse-moi ! Voici mes amis : Angel et Lydia.
— Salut Angel, salut Lydia, dit Alexandra avec un grand sourire. Vous êtes mignons tous les deux ! Ça vous dérange pas que je vous prenne en photo un jour ?
— Euh, pour moi pas du tout, Alexandra », dit Angel.
Lydia ne répond pas et croise les bras.
« Appelle-moi Alex, c’est plus court, dit Alex avec un sourire d’une oreille à l’autre. Oui, j’ai les photos sinon. On va se promener et je vous les montrerai en route ?
— On va vous laisser, dit sèchement Lydia qui agrippe Angel par la manche. On a des devoirs à faire.
— Mais… ! »
Angel n’a pas le temps de continuer que Lydia l’a déjà emmené loin. Martin les regarde partir un peu gêné, mais Alexandra ne semble pas en avoir cure. Elle lui prend le bras et lui dit :
« Allez, on y va ? »
Elle le tire et finalement il se laisse faire.

Alex et Martin marche ensemble depuis déjà quelques minutes. Elle lui montre ses photos au fur et à mesure et ils rient de voir les poses délirantes des joueurs de l’équipe de Martin, même si Martin rit un peu moins quand il est sur la photo. Mais la bonne humeur d’Alex est communicative et il finit par rire de lui-même sans gêne. Soudain Alex regarde autour d’elle et se met à sautiller en essayant d’entraîner Martin avec elle. Martin qui ne comprend pas tente de résister.
« Mais… Qu’est-ce que tu fais ? !
— Allez, viens ! Je vais voir un ami qui n’est pas loin ! »
Martin suit donc Alex qui semble surexcitée. Ils arrivent finalement devant un magasin de jouets anciens dans lequel Alexandra entre sans hésiter. Martin regarde la vitrine de ce magasin, remplie d’objets plus ou moins hétéroclites, mobiles, poupées, ours en peluche, marionnettes, etc. « Eh bah ! Les prix sont vraiment dérisoires pour des jouets faits main ! » se dit-il. Il finit par entrer et essaie de retrouver Alex dans le capharnaüm qu’est l’intérieur du magasin. Les étagères y sont couvertes de poupées, pantins de bois et autres nounours. Il finit par la trouver.
« Alors ? Tu aurais pu m’attendre quand même !
— Hein ? dit-elle comme si elle ne comprenait rien. Tu ne trouves pas cet endroit génial ?
— Génial ? Euh… à part que l’atmosphère est saturée en sciure de bois… Aaah…. Atchoum ! »
Voir Martin éternuer fait éclater de rire Alexandra. Soudain, derrière une étagère on entend une voix chevrotante :
« Hé ! Mais qui est là ?
— Grand-père, c’est moi ! » dit Alex.
La personne qui a parlé apparaît au détour d’une étagère pleine. C’est l’archétype même du grand-père qui apparaît devant Martin : Les cheveux blancs, moustachu, bedonnant, avec un air de bonhomie qui donne tout de suite confiance, il ressemble au grand-père des dessins animés de Walt Disney.
« Alexandra ! Comment vas-tu ma chérie ? demande-t-il avec un grand sourire.
— Très bien grand-père ! répond-elle en lui sautant au cou.
— Voyons ! Voyons ! Sois moins brusque avec un vieil homme comme moi !
— D’accord. »
Elle lui fait quand même un énorme câlin, quand soudain elle semble se rappeler la présence de Martin qui est resté immobile pendant toute la scène.
« Au fait, voici Martin, un ami, dit-elle.
— Enchanté Martin, sois le bienvenu dans mon modeste magasin, dit le vieil homme.
— Merci », dit Martin.
Ils se serrent la main.
« Dites monsieur…
— Appelle-moi grand-père. C’est ainsi que j’aime qu’on m’appelle.
— Euh… d’accord… grand-père… Dites, ce sont des jouets faits main que vous vendez, non ?
— Tu as le coup d’œil, jeune homme. En effet, c’est moi qui fabrique tous les jouets que je vends.
— Tous ? ! Mais c’est énorme ! C’est pas trop dur comme travail ?
— Rendre les enfants heureux est ma seule joie de vivre tu sais, dit grand-père. Les jouets d’aujourd’hui sont sans âme. Ils sont en plastique, fabriqués en série par des robots dans des usines gigantesques. Ils ne rendent pas les enfants heureux. Ils manquent de chaleur humaine. J’essaie de faire des jouets humains, que les jeunes enfants peuvent serrer dans leurs bras. Quel plus grand bonheur pour un petit enfant qu’un ours en peluche par exemple ?
— C’est pour ça que vos jouets sont si peu chers ?
— Dis, tu es sacrément perspicace mon jeune ami. C’est exact. Je veux que tous les enfants qui entrent dans ce magasin puissent sortir avec un jouet. Les rendre heureux est mon seul souci.
— Dites, vous avez fini de parler sérieusement comme ça ? demande soudain Alexandra qui visiblement n’est pas douée pour les conversations sérieuses. Bon, on va te laisser grand-père, ma mère va me tuer si je rentre trop tard. »
Elle lui fait un gros bisou sur la joue et entraîne Martin vers la porte.
« Au revoir grand-père, je repasserai demain ! dit-elle.
— Ma porte t’est toujours ouverte, jeune fille, dit grand-père.
— Au revoir monsieur… eh ! » dit Martin qui est tiré par Alex qui redouble d’efforts pour le faire sortir.
Une fois dans la rue, Martin demande :
« Il a l’air très gentil ce monsieur.
— C’est un ange, dit Alexandra. Il travaille dur pour rendre les enfants heureux. Il a fabriqué toutes mes poupées et tous mes nounours depuis ma naissance.
— C’est ton grand-père ?
— Non, il n’est pas de ma famille. Mais en même temps il en est : c’est le grand-père de tous les enfants. »
Pendant ce temps, dans le magasin, grand-père range les étagères tandis qu’une silhouette apparaît dans l’ombre.
« Cet homme est très vieux, mais il a un si grand cœur qu’il continue à travailler d’arrache-pied pour rendre des enfants heureux. Pfff… Quelle perte de temps ! »
La silhouette sort son Miroir de l’Ombre d’une poche et le tend vers le vieil homme. Le Miroir se met alors à luire.
« Il possède une grande énergie. Il est la victime idéale. Ce sera donc ma prochaine récolte, continue Nitarh. Petite chrysalide, son ombre va bien te couver. »
Nitarh ouvre sa main. Il tient une chrysalide, un cocon qui ressemble beaucoup à celui d’un papillon. Ce cocon se soulève alors et flotte doucement pour s’approcher de grand-père qui ne s’aperçoit de rien. Quand il arrive au niveau de son ombre, il semble s’y fondre et disparaît.
« Son ombre est ensemencée. Parfait. Dans deux jours, je viendrai te récolter. Ha ha ha ! »
Et Nitarh disparaît en riant aux éclats. Grand-père continue à travailler, quand soudain il s’arrête, comme pris par une douleur. Il porte la main à la tempe.
« Qu’est-ce qui m’arrive ? Ouf, ça va mieux. Ça devait être un simple étourdissement. Je termine de ranger et après je me reposerai un peu et tout ira bien. »

Deux jours plus tard (NdlA : tiens, quelle coïncidence !), Nous retrouvons Angel, Martin et Lydia dans la cour du lycée. Ils viennent de terminer de manger et discutent en attendant la sonnerie qui marque le début des cours de l’après-midi. « Et de quoi discutent-ils ? » me demanderez-vous. Eh bien, d’Alexandra et du magasin de jouets bien sûr.
« C’était assez impressionnant de le voir, dit Martin, parlant du vieil homme. Il est d’une générosité extraordinaire. Et puis il est doué ! Ses jouets sont superbes. Je crois que je vais aller le voir ce soir après mon entraînement. J’aimerais discuter un peu plus avec lui.
— Mouais… Je crois plutôt que tu veux revoir cette nana, dit Lydia. Pffeuh !
— Hein ? Mais pas du tout ? tente de se défendre Martin.
— C’est l’approche de tes seize ans qui te donne un coup à la libido ? demande Angel en riant à moitié.
— Vous êtes bien pareils tous les deux ! s’écrie Martin qui renonce à essayer de se justifier. Bon, je vous laisse, je ne veux pas être en retard pour mon entraînement. »
Pendant qu’il s’éloigne, Angel demande à Lydia :
« Tu penses vraiment qu’il en pince pour elle ?
— elle l’a embobiné oui ! » s’écrie-t-elle.
Martin qui s’éloigne réfléchit : « Ils ont pas complètement tort. C’est vrai que j’ai envie de la revoir, mais j’ai pas l’impression que ce soit pour les raisons qu’ils disent. Bizarre… »

Quelques heures plus tard, nous retrouvons Alexandra qui sautille avec son cartable à la main. Le léger vent qui souffle (et qui est assez frais, on n’est pas encore au printemps) lui soulève les cheveux mais ne la décoiffe pas. Elle arrive devant le magasin de jouets et y entre.
« Grand-père, tu es là ?
— C’est toi Alexandra ? Viens par ici ! »
Alex suit la voix et finit par tomber sur une échelle, et le vieil homme dessus en train de ranger des peluches au sommet d’une étagère.
« Grand-père ! Tu devrais faire attention quand même ! Laisse-moi faire les acrobaties à ta place ! »
Elle rit doucement mais ses yeux montrent qu’elle s’inquiète réellement pour lui.
« Ne t’inquiète pas, jeune fille, dit grand-père en descendant l’escalier. J’ai encore la forme. Ahh ! »
Arrivé au bas de l’échelle, il se plie soudain en deux et tombe à terre. Alexandra se met à genoux, surprise.
« Grand-père ! Qu’est-ce qui se passe ? !
— Mes… médicaments… dit le vieil homme d’une voix faible. Dans… la remise… derrière… la caisse…
— Je t’les apporte tout de suite ! s’écrie-t-elle en se levant. Tiens bon ! »
Elle court derrière la caisse enregistreuse et entre dans la remise. La porte se referme sur elle. Elle attrape les médicaments et veut ressortir mais la porte est bloquée. Elle s’acharne dessus mais la porte ne cède pas. Elle frappe à la porte et crie :
« Grand-père ! La porte est bloquée ! Tiens bon ! »
Nitarh apparaît dans le magasin, non loin du vieil homme. Il regarde en souriant la porte coincée.
« Elle va nous laisser tranquille un moment, se dit-il. À nous grand-père ! »
Le vieil homme remarque soudain la présence de Nitarh. Il ne peut se relever mais parvient à dire :
« Qui… qui êtes-vous ?
— Ça n’a aucune importance, dit Nitarh. La seule chose qui importe, c’est que tu vas offrir ton énergie pour la Confrérie de l’Arc-en-Ciel Noir ! Yaa ! »
Nitarh tend son Miroir de l’Ombre qui se met à absorber l’énergie de grand-père.
« Quoi… ? Que… ? »
Il est de plus en plus faible et ne peut plus parler.

Pendant ce temps, Martin qui a fini son entraînement depuis un moment arrive devant le magasin de jouets. Les étagères cachent Nitarh et il ne voit rien. Il se prépare à entrer quand il voit le reflet de Nitarh dans un miroir posé contre un mur. Il le reconnaît tout de suite et, une fois la surprise passée, court dans la ruelle juste à côté.
« Angel ! » dit-il dans son communicateur.
Le visage d’Angel apparaît tout de suite.
« Qu’est-ce qui se passe ?
— Nitarh est dans le magasin de jouets du vieil homme ! Je crois qu’il est en train de voler l’énergie de grand-père !
— J’arrive tout de suite ! Je vais suivre les indications de mon communicateur !
— En attendant, dit la voix de Niko dans le communicateur, essaie de le retarder !
— J’y vais tout de suite ! Amulette Rouge, métamorphose ! »

Dans le magasin, Nitarh a fini de prendre l’énergie du vieil homme. Le flux s’arrête et il regarde son Miroir.
« C’est très bien ça ! Les Sages Noirs seront contents !
— Qu’as-tu fait ? !
— Qui est là ? ! » s’écrie Nitarh en se retournant.
Il voit Red Bow entre deux étagères.
« S’attaquer à plus faible que soi est une lâcheté que je ne pourrai jamais pardonner. Je suis Red Bow, le guerrier de l’espoir, et mon feu intérieur te le fera payer !
— Red Bow ! ça me fait plaisir de te voir. J’aurais été désolé que mon soldat ne puisse pas se dégourdir un peu les jambes. Créature de l’Ombre, apparais ! »
L’ombre du vieil homme s’agrandit et quelque chose de huileux en sort en se dépliant. Puis le monstre s’ébroue et fait face à Red Bow. Ce monstre semble être la fille naturelle de Pinocchio et Dracula. Son corps semble être fait de bois comme celui d’une marionnette, avec des articulations visibles, mais le bois utilisé semble être de l’ébène et sa bouche est ornée de crocs. Elle a aussi un nez très pointu.
« Pinocchiaya ! Tu m’as l’air en pleine forme ! Occupe-toi donc de ce petit insolent pendant que j’apporte l’énergie de cet humain aux Sages Noirs !
— J’en serais enchantée », dit le monstre de sa voix éraillée.
Et Nitarh disparaît tandis que Pinocchiaya s’approche de Red Bow.
« Dis-moi mon cher, tu sais ce qui arrive à Pinocchio quand il dit des mensonges…
— Euh… oui, dit Red Bow, je crois que son nez s’allonge.
— C’est ça. Eh bien il se trouve que je suis une grosse menteuse ! »
Son nez s’allonge soudain vers Red Bow qui l’évite de justesse. Ce nez transperce alors un ours en peluche qui en explose en un nuage de peluche blanche.
« Merde ! Son nez est une vrai lame ! »
Le nez se raccourcit pendant que le monstre change d’angle d’attaque et recommence à s’allonger très vite. Red Bow a juste le temps d’esquiver. Il pense : « Je peux pas utiliser mon pouvoir ici sinon je vais provoquer un gigantesque incendie ! » Le manège recommence ainsi plusieurs fois jusqu’à ce que Red Bow se trouve bloqué dans un coin, entouré de jouets cassés par le nez du monstre.
« Tu ne peux plus t’échapper, dit Pinocchiaya. Cela va être un plaisir de te donner le coup de grâce.
— Rubans Arc-en-Ciel ! »
Les rubans rebondissent sur son corps de bois mais sont suffisamment puissants pour l’envoyer valdinguer contre une étagère qui s’effondre sur elle.
Red Bow regarde d’où viennent les Rubans Arc-en-Ciel. À l’entrée du magasin, Rain Bow est debout, les bras croisés, avec Niko sur l’épaule.
« Regarde ce que tu as fait à tous ces jouets qui faisaient le bonheur des enfants ! Tu es ignoble. Prends garde ! Car je suis le messager de l’espoir, Rain Bow !
— Rain Bow, enfin… dit Red Bow en se relevant.
— J’ai fait aussi vite que j’ai pu. »
La montagne de jouets qui s’est amoncelée sur Pinocchiaya commence à bouger et cette dernière se relève soudain. Elle est recouverte de sciure de bois mais semble aller bien. Elle paraît très en colère.
« Vous allez me le payer vous deux ! Prenez ça ! »
Elle attrape tous les jouets en bois qu’elle peut trouver et les lance à toute vitesse vers les Combattants de l’Arc-en-Ciel qui ont juste le temps de les esquiver en prenant des positions plus ou moins acrobatiques. Certains jouets brisent même la vitrine du magasin.

Pendant ce temps-là, Alexandra qui a entendu les bruits de lutte a décidé d’utiliser les grands moyens. Deux gros couteaux à bois font d’excellents pieds de biche improvisés et elle finit par ouvrir la porte de la remise. Elle a du mal à en croire ses yeux.
« Mais… c’est… Ils existent vraiment ? ! (NdlA : il semble qu’elle ait entendu parler des Combattants de l’Arc-en-Ciel) Grand-père ! »
Elle court vers le corps inanimé du vieil homme et se baisse vers lui en baissant la tête. Doucement, elle commence à la relever et regarde le monstre avec une expression de haine. Celle-ci a pris l’avantage sur les Combattants de l’Arc-en-Ciel qu’elle a envoyés au tapis en leur lançant un cheval à bascule qu’ils n’ont pas pu éviter. Une claque lui a suffit pour se débarrasser de Niko qui essayait de la déconcentrer.
« Enfin… Je vais me débarrasser de vous. Nitarh sera très content de moi ! »
Une main lui tapote alors l’épaule. Pinocchiaya se retourne et voit Alexandra avec son appareil photo devant elle.
« Fais-moi un grand sourire ! » dit cette dernière.
Elle prend une photo et le flash éblouit le monstre qui recule en perdant à moitié l’équilibre.
« Ça, c’est pour grand-père ! »
Elle prend une deuxième photo. Mêmes causes, mêmes effets.
« Ça, c’est pour avoir détruit son magasin ! »
Pinocchiaya bouge dans tous les sens mais finit par arracher l’appareil photo des mains d’Alex et attrape cette dernière.
« Sale gamine, lui dit-elle à quelques centimètres de son visage. Je vais t’apprendre à essayer de te mesurer à moi !
— Nooooon ! » hurle Alexandra.
Soudain, le vent semble se lever dans le magasin, et ses cheveux se soulèvent et prennent une belle couleur verte. Pinocchiaya en est tellement surprise qu’elle lâche prise. Alex se recule, tandis que ses cheveux reprennent une couleur normale. Niko a tout vu.
« Rain Bow ! crie-t-il. Tu as vu ? Vite !
— J’ai vu, dit ce dernier en se relevant. Arc-en-Ciel de Pouvoir, apparais ! »
L’Arc-en-Ciel de Pouvoir apparaît devant Rain Bow. Niko fait un looping autour de ce dernier qui en perd sa couleur verte. Elle se matérialise en une Amulette identique à celle de Red Bow (qui se relève en ce moment), mais de couleur verte.

Green Bow's original amulet

Niko attrape l’Amulette et la lance vers Alex.
« Vite Alexandra ! Pas le temps pour les questions ! Lève cette Amulette au ciel en criant : “Amulette Verte, métamorphose !” »
Alexandra voit l’Amulette dans sa main. Elle semble ne pas tout comprendre mais finit par faire comme le lui a dit Niko :
« Amulette Verte, métamorphose ! »
Le vent se met à souffler plus fort, empêchant le monstre de bouger, tandis qu’Alex est entouré d’une boule de lumière verte. Quand elle a fini de se transformer, Alexandra est vêtue d’un uniforme ressemblant beaucoup à celui de Rain Bow et Red Bow, sauf qu’au lieu d’un pantalon de justaucorps, elle porte une jupe blanche. Elle porte des bottes à talons hauts de couleur verte, et des gants de la même couleur et de la même forme, montant jusqu’au coude. Sa jupe est marquée à la taille par un ourlet en pointe de couleur verte. Ses cheveux ont pris cette même belle couleur verte et les rubans de tissu accrochés à son Amulette sont rose saumon. Elle regarde ses mains sans comprendre. Pinocchiaya semble encore plus en colère.
« C’est par toi que je vais commencer ! »
Son nez commence à s’allonger vers elle.
« Ah non ! Barrière de Vent ! »
Un véritable mur de vent apparaît devant elle et quand le nez du monstre l’atteint, il est brisé en petits morceaux.
« Mon nez ! Mon nez ! crie le monstre en mettant ses mains sur le petit bout qui lui reste.
— À toi, Red Bow ! crie Niko. Ton feu doit pouvoir le consumer !
— Mais dans ce magasin ça va faire un véritable incendie !
— Je sais quoi faire, crie Rain Bow. Rubans Arc-en-Ciel ! »
Il attrape Pinocchiaya avec ses rubans et l’envoie dehors en tirant dessus.
« Vas-y maintenant, dans la rue y’a aucun risque !
— Merci Rain Bow. Boule de Feu ! »
La colère de Red Bow décuple la force de sa boule de feu qui embrase le monstre avant même qu’il atteigne le sol et le réduit en cendres en un instant.
« Ouf ! Une bonne chose de faite, dit Rain Bow.
— Ça va Alexandra ? demande Red Bow.
— Que… Comment vous savez qui je suis ?
— Je suis Martin ! C’est moi !
— Ouaips, et moi je suis Angel, dit Rain Bow, bienvenue au club !
— Martin, Angel ? Qu’est-ce que j’ai fait ?
— Alexandra, tu es une Combattante de l’Arc-en-Ciel, comme eux, dit Niko. Maîtrisant les pouvoirs du vent, tu es le défenseur de l’espoir, Green Bow.
— Moi, une combattante ? se demande Alexandra en portant la main à la tête. Mais… Grand-père ! »
Elle court vers lui et s’agenouille à ses côtés, bientôt rejointe par Rain Bow et Red Bow.
« Il est vivant, dit Martin après avoir pris son pouls. Vite, transformons-nous et appelons une ambulance ! »

Friday, 25 March 2011

Kibou Niji Rengou Rainbow Fighters. Épisode 7 : attaque à l’église

Nous sommes le lundi après-midi après la mort d’Atarh. Les cours ont repris (ce qui ne plaît que moyennement à Angel) mais ce n’est pas ce qui intéresse le plus les lycéens en ce moment. En effet, l’attaque d’Atarh est loin d’être passée inaperçue (NdlA : une vague d’eau douce recouvrant Paris, ça m’aurait étonné aussi !), et le dimanche toutes les radios et chaînes de télé ont consacrées leurs programmes d’information dessus. Évidemment, ils n’avaient que peu de choses à dire, mais ils n’ont pas hésité à y passer des heures (ils en ont l’habitude). La rumeur de l’existence des Combattants de l’Arc-en-Ciel (qui commençait à circuler à Paris mais qui était restée peu étendue jusque là) est maintenant reprise par la télévision. Mais comme très peu de gens les ont réellement vus, les sceptiques sont légions. En fait, ce sont surtout des points d’interrogation qui circulent partout, sauf pour certaines personnes comme Lydia. Cette dernière est toute excitée alors qu’elle discute de cette affaire avec Angel en sortant des cours, rendant ce dernier très mal à l’aise.
« Tu te rends compte Angel ? Cette vague qui a failli engloutir Paris ! Je suis sûre que les Combattants de l’Arc-en-Ciel sont intervenus ! Après tout, c’est eux que l’image sur la vague a appelés.
— Ça pourrait pas être la police simplement ? demande Angel qui essaie de jouer le rôle du sceptique néanmoins ouvert.
— Écoute, t’as vu la vague comme moi ! Qu’est-ce qu’aurait pu faire la police contre un être capable de faire ça !
— Mais la tour Montparnasse était gardée à tous les étages. S’ils sont allé au sommet comme il leur a demandé, comment ça se fait que personne ne les a vus ?
— Ils se sont peut-être rendus invisibles, je sais pas. Écoute, l’un lance des rayons d’énergie en forme d’arc-en-ciel et l’autre, d’après ce que j’ai compris, contrôle le feu. Avec tous ces pouvoirs, ils doivent bien pouvoir se rendre invisibles ou un truc comme ça.
— Mouais… » dit Angel en essayant de paraître peu convaincu, se rappelant comment il leur avait été difficile de déjouer la sécurité au pied de la tour, et comment ils s’étaient épuisés à monter par l’escalier de service.
Angel et Lydia marchaient tout en parlant et sont enfin sortis du lycée.
« Bon, il faut que j’y aille, dit Lydia.
— T’y vas encore ?
— C’est normal, je suis volontaire aux Restos du Cœur quand même.
— Mais de là à y aller tous les jours…
— Ils ont besoin de monde et je suis quand même plus disponible que quelqu’un qui travaille. Tu pourrais venir toi aussi.
— Moi ? Euh… tu sais, j’ai pas beaucoup de temps en ce moment…
— Je sais, c’est ce que tu me dis depuis presque un mois, dit Lydia avec un léger ton de reproche.
— J’essaierai quand même de venir cette semaine ! affirme soudain Angel pour ne pas avoir à supporter le reproche.
— Vraiment ?
— Je te l’jure.
— D’accord. Viens quand tu veux tu seras le bienvenu. On a besoin de bras pour servir tous ces repas.
— C’est quelle église déjà ?
— L’église Sainte-Cécile dans le neuvième. Tu trouveras ?
— T’inquiète pas, j’ai un plan de Paris.
— OK. J’y vais ! Viens quand tu veux ! »
Et elle part tandis que Niko vient se poser sur l’épaule d’Angel.
« Tu vas vraiment y aller ? lui demande-t-il.
— J’ai promis, je peux vraiment pas faire autrement, explique Angel. Et puis peut-être que ça sera sympa.
— Bon, on va au parc ? On a rendez-vous avec Martin je te rappelle.
— J’ai pas oublié, dit Angel. On y va ! »
Angel se retourne et ne voit pas Lydia s’appuyer sur le mur. « Encore un vertige ! » pense-t-elle. « Si ça continue, il va falloir que j’aille voir un médecin. »

Nous retrouvons Martin dans le « jardin secret » d’Angel dans le parc. Il attend impatiemment en tapant du pied. Angel arrive enfin avec Niko sur l’épaule.
« Enfin Angel ! s’écrie-t-il. T’as 20 minutes de retard !
— Désolé Martin, mais on est passé devant une librairie et Angel n’a pas pu résister à l’envie d’aller voir à l’intérieur, explique Niko avec un ton de reproche envers Angel.
— Eh ! C’est pas un drame ! dit Angel en voyant qu’il est seul contre deux. J’étais jamais passé par là, alors quand j’ai vu la librairie, j’y ai fait un p’tit tour, c’est tout. Et comme y’avait rien d’intéressant, j’suis pas resté longtemps.
— Une demi-heure ! crie Niko. T’appelles ça “pas longtemps” ?
— J’aime pas qu’on me fasse poireauter ! dit Martin. En plus j’ai terminé mon entraînement en retard et j’ai quand même réussi à être à l’heure au rendez-vous !
— Bon… désolé, s’excuse Angel. Je ferai plus gaffe à l’heure la prochaine fois.
— C’est ça, continue Martin, visiblement peu convaincu. Bon, Niko, tu peux nous dire pourquoi tu nous as demandé de venir ?
— Aniva veut vous parler, dit Niko. Je lui ai tout raconté samedi dernier. »
Niko fait son arc de cercle en laissant une traînée arc-en-ciel, comme d’habitude, et sous l’arche apparaît l’image de la prêtresse Aniva. Elle a l’air particulièrement soucieuse.
« Bonjour mes amis, dit-elle.
— Bonjour Aniva, dit Angel. Il y a quelque chose qui ne va pas ?
— En effet. L’ennemi que vous combattez est bien plus puissant que vous ne le pensez.
— Comment ça ? Vous avez trouvé de qui il s’agit ? demande Martin.
— Malheureusement non. Je n’ai rien retrouvé dans mes archives. Le plus étrange est que le nom de la Confrérie de l’Arc-en-Ciel Noir y apparaît bien, mais il n’est associé à aucun fichier, comme si les fichiers avaient été détruits.
— Détruits ? Mais par qui ? demande Niko.
— Je n’en sais rien, dit Aniva. Et puis le nom de cette confrérie, et ce symbole en arc-en-ciel noir inversé, c’est trop de coïncidences pour être accidentel. Cette confrérie a un rapport avec la Confrérie de l’Arc-en-Ciel.
— Comment ça ? Vous sentez quelque chose ? demande Angel.
— Je ne sais pas comment dire ça… Quand Niko m’a dit le nom de cette organisation, j’ai été comme clouée sur place par une terreur inouïe, quelque chose que je n’avais jamais ressenti et qui venait du plus profond de moi.
— Vous pensez à un souvenir de votre vie précédente ? Avant votre hibernation ?
— C’est possible, Martin. Si seulement je n’avais pas cette amnésie ! On dirait une barrière érigée pour m’empêcher de me souvenir…
— Ça ne va pas Aniva ? ! demande Martin, inquiet.
— Ne t’inquiète pas. Je n’ai pas l’habitude de faiblir quand il faut être forte.
— Prêtresse Aniva, dit Angel, nous devons combattre cette Confrérie de l’Arc-en-Ciel Noir ! Quelle que soit leur puissance, nous ne pouvons pas laisser la Terre entre leurs mains ! »
Aniva, Niko et Martin regardent Angel, tous étonnés par son assurance.
« Tu as raison, dit Aniva. Mais prenez garde ! Cette terreur qui me vient du fond des âges doit signifier quelque chose ! Soyez prudents et trouvez au plus vite vos compagnons ! Sans eux, vous serez trop faibles !
— Bien Aniva, dit Martin. Nous ferons de notre mieux.
— Une dernière chose, continue-t-elle. Voici un objet qui vous sera très utile. »
Elle fait un geste et deux bracelets-montres apparaissent devant elle. Ils flottent jusqu’à Angel et Martin qui les recueillent dans leurs mains. Ces montres sont identiques, sauf que celle d’Angel est multicolore tandis que celle de Martin est rouge.
« Ce sont des montres qui paraissent parfaitement normales et qui donnent même l’heure exacte, dit Aniva. Mais ce sont aussi des transmetteurs qui vous permettront de communiquer l’un avec l’autre où que vous soyez sur cette planète. Vous pourrez aussi communiquer avec Niko par ce biais. Enfin, il est possible avec chaque montre de retrouver la position du possesseur de l’autre montre. J’ai mis plus de temps à les fabriquer que je ne le pensais, mais elles sont maintenant en parfait état de marche et je pourrai en fabriquer d’autres quand vous trouverez vos compagnons.
— Merci Aniva ! dit un Angel enthousiaste qui met immédiatement sa montre au poignet.
— Oui, merci Aniva, dit Martin qui reste beaucoup plus stoïque. Ces transmetteurs nous serons certainement très utiles.
— Mais surtout, je réitère mon conseil : soyez prudent ! Je m’en voudrais énormément qu’il vous arrive malheur.
— On prendra soin de nous, dit Martin.
— Bien, dit Aniva qui esquisse un sourire. Au revoir. »
Son image disparaît et l’arc-en-ciel avec. Angel appuie sur un bouton et la montre s’ouvre pour montrer un petit écran.
« Waouh ! C’est génial ce truc ! »
Martin et Niko lèvent les yeux au ciel de dépit et soupirent en même temps.

Dans ce lieu indéterminé et sombre, peuplé d’ombres mouvantes, nous voyons le cercle des douze Sages Noirs flotter au milieu de nulle part, seule source lumineuse dans cet océan de néant. Au milieu de ce cercle, une silhouette se forme et sort de l’ombre. C’est Nitarh qui s’incline devant les Sages Noirs (du moins ceux qui sont devant lui). Un des Sages Noirs commence à parler, et Nitarh se tourne vers lui pour l’écouter :
« Nitarh ! Le maître est impatient ! Il a faim d’énergies humaines et tu dois le nourrir !
— J’entends et j’obéis, dit Nitarh. J’ai d’ailleurs mis au point une stratégie qui sera bien meilleure que celle de ce ridicule Atarh.
— Quelle est cette stratégie ? demande un autre Sage Noir, obligeant Nitarh à changer de vis-à-vis.
— Atarh a failli faire capoter toute l’opération par son indiscrétion. Ma stratégie vise à réparer cette erreur en misant sur la discrétion. Pour cela, je ne peux m’attaquer à des foules entières comme le faisait Atarh. Je ne peux m’attaquer qu’à des individus isolés.
— Mais comment comptes-tu apporter suffisamment d’énergie au maître dans ce cas ? demande un troisième Sage Noir.
— En étudiant cette race humaine, j’ai découvert des individus singuliers, concentrant en eux beaucoup plus d’énergie que la moyenne. Ils concentrent souvent plus de dix fois l’énergie d’un humain normal.
— Et qui sont ces phénomènes ? demande un quatrième Sage Noir, toujours avec la même voix que les autres.
— Les humains les appellent des gens de bien, ou des personnes dont l’âme est grande. Ce sont des gens qui se consacrent à aider les autres, dont le cœur et l’âme sont purs. Ce sont des gens généreux, et parmi eux les jeunes sont les plus enthousiastes et ceux qui possèdent le plus d’énergie.
— Et comment comptes-tu les détecter ? demande un cinquième… (NdlA : vous m’avez compris ou il faut que j’explique ?)
— Grâce à cet objet ! »
Nitarh tend la main et une ombre se forme sur sa paume. Cette ombre se soulève, prend une forme et une consistance et devient un petit miroir, tenant dans la paume de la main.
« C’est le Miroir de l’Ombre, explique Nitarh. Il permet de détecter les gens à forte énergie, ainsi que de voler leur énergie s’ils se regardent dedans.
— Et qu’as-tu prévu pour le cas où les Combattants de l’Arc-en-Ciel voudraient intervenir ? demande un Sage Noir.
— J’ai aussi prévu cette possibilité. Les gens qui irradient tant de bonté d’âme sont ceux qui ont l’ombre la plus accueillante. J’ensemencerai leur ombre et si ces gamins interviennent, j’utiliserai le monstre qui naîtra, couvé par cette ombre. Il s’occupera des Combattants tandis que je prendrai l’énergie de ma victime.
— As-tu trouvé une victime ?
— En effet, dit Nitarh en se tournant vers le Sage Noir qui a parlé, j’en ai trouvé une. J’ai même déjà ensemencé son ombre. Son âme jeune et pure est gorgée d’énergie. Elle sera parfaite ! Ha ha ha ! »
Nitarh met son Miroir de l’Ombre à l’horizontale, face réfléchissante vers le haut, et au-dessus de lui se forme l’image d’une jeune fille souriante, qui distribue des repas à des gens dans le besoin devant une église.

Le lendemain midi, Martin, Angel et Lydia discutent ensemble. Et bien entendu, la discussion tourne autour de l’engagement de Lydia.
« Tu m’impressionnes, dit Martin. Tu fais beaucoup de choses pour les grandes causes.
— T’en fais même trop ! dit Angel. Les Restos du Cœur, j’sais pas combien d’autres associations… Et en plus tu fais le ménage chez toi tous les jours pour que tes parents aient moins de travail quand ils rentrent chez eux ! Tu vas t’épuiser à travailler comme ça. J’ai bien vu ce matin que t’étais pas dans ton assiette.
— C’est vrai que je suis un peu fatiguée, admet-elle, mais c’est juste dû au temps qu’il fait. Avec ce ciel gris, je suis jamais en forme.
— Non, je t’ai bien vue, tu as failli t’endormir deux fois ce matin. Tu dors pas assez ou quoi ?
— Merci de t’occuper de ta santé Angel, mais ça va merci », dit Lydia d’un ton sec.
Elle se lève et laisse les deux garçons seuls.
« Mais… qu’est-ce qui lui arrive ? se demande Angel.
— Elle est agressive, dit Martin. C’est signe de fatigue. Je crois que tu a raison Angel, elle fait trop de choses. Elle va se surmener à force. J’ai déjà vécu ça et je sais ce que c’est.
— Toi ?
— À une époque, je faisais beaucoup trop de sport. J’avais peur de stagner et j’ai compensé en m’entraînant trop durement et trop fréquemment. Résultat : surmenage, et mes résultats sont tombés en flèche ! On m’a mis au repos forcé pendant deux mois avant que je puisse reprendre l’entraînement.
— Eh bah ! Bon, je vais aller la voir.
— Tu vas faire quoi ?
— Je vais lui dire que je vais aller l’aider ce soir. Je sais que j’arriverai pas à la convaincre de ne pas aller aux Restos du Cœur, mais si je suis là, au moins elle aura moins de boulot.
— Bonne idée. Bon, au revoir, j’ai mon entraînement. »
Ils se saluent et Angel court rejoindre Lydia qui n’est qu’en haut de l’escalier.
« Lydia ! Attends-moi ! »
Elle se retourne tandis qu’Angel arrive en soufflant.
« Je vais… venir t’aider ce soir, dit-il.
— C’est vrai ?
— Si j’te l’dis ! Il faudra juste que je passe chez moi prévenir ma tante et je te rejoindrai à l’église. D’accord ?
— OK… Dis, pourquoi tu fais ça ?
— J’ai envie de t’aider, c’est ma façon d’aider les autres, c’est tout !
— Bon… Je compte sur toi alors ?
— Promis. »
Et ils continuent à monter ensemble les escaliers.

Quelques heures plus tard, nous retrouvons Lydia devant l’église Sainte-Cécile. Elle y est déjà depuis un moment et a servi une sacrée quantité de repas. Au loin derrière elle, dans l’ombre faite par le clocher, une silhouette l’observe.
« Elle se tue au travail, la pauvre ! dit Nitarh. Ma créature de l’Ombre sera parfaite et la quantité d’énergie humaine que je vais récolter va être impressionnante. »
Il tourne son miroir vers elle et ce dernier se met à briller intensément.
« La récolte approche. Il me suffit de trouver un moment à passer seul avec elle et le tour sera joué. »
Soudain on voit Lydia défaillir. Elle ne tient plus debout et est rattrapée par d’autres volontaires. Le responsable arrive tout de suite alors que Lydia se réveille.
« Lydia ! Ça va ?
— Que… qu’est-ce qui m’est arrivé ?
— Il faut te reposer Lydia, tu travailles trop ! Écoute, tu vas aller te reposer un peu dans l’église, retrouve des forces en mangeant un bout, et après tu rentreras chez toi.
— Mais…
— Y’a pas de mais ! Tu n’es plus en état de nous aider de toute façon. Je t’ordonne d’aller te reposer pendant une semaine. Après seulement tu pourras revenir. »
Voyant que le responsable est inflexible, Lydia accepte en hochant la tête. On l’aide à entrer dans l’église et à s’asseoir, on lui amène à manger et on la laisse ensuite seule.
« L’occasion est parfaite ! se dit Nitarh. Cette église est vide pour le moment. Allons-y ! »

Lydia a retrouvé un peu d’énergie et mange doucement. Soudain elle sent une présence non loin d’elle. En levant la tête, elle voit un homme au costume étrange et portant des lunettes de soleil. Évidemment, il s’agit de Nitarh, mais Lydia ne peut pas le savoir.
« Vous voulez savoir quelque chose monsieur ? demande-t-elle après avoir avalé une bouchée de son sandwich.
— Je suis juste venu vous parler, jeune demoiselle, dit Nitarh. Ça fait plusieurs jours que je vous vois travailler ici. C’est impressionnant pour une fille de votre âge de travailler ainsi. Mais vous avez l’air malade. Vous ne vous surmenez pas quand même ?
— Je finis par penser que si, dit Lydia. Angel avait raison.
— Vous avez les traits tirés, dit Nitarh, vous devez être très fatiguée. Regardez donc. »
Nitarh sort son Miroir de l’Ombre et le présente à Lydia. Au moment où elle voit son reflet dans le miroir, elle se sent mal, et son énergie quitte son corps sous forme d’une sorte de fumée lumineuse qui est absorbée par le Miroir.
« Mais… qu’est-ce que… vous faites ? parvient à dire Lydia qui est paralysée et n’a même plus la force de crier.
— Mais je te prends ton énergie ! rie Nitarh en jetant ses lunettes. Et au lieu de la gaspiller comme tu le fais, je vais l’utiliser à bon escient ! Ha ha ha ha ha ! »

Pendant ce temps, Angel arrive devant l’église avec Niko sur l’épaule. Ne voyant pas Lydia, il n’ose pas s’approcher, mais Niko le convainc de ne pas être timide et d’aller demander ce qui arrive à Lydia.
« Heu… Excusez-moi, dit-il à un volontaire. Je cherche Lydia. Vous savez où elle est ?
— Elle a eu un petit malaise, répond le volontaire. Elle est dans l’église en train de manger un morceau avant de rentrer chez elle.
— Un malaise ? !
— T’inquiète pas, elle va bien maintenant. T’as qu’à aller voir par toi-même.
— OK, merci ! »
Angel entre rapidement dans l’église. Il ne voit personne, mais en avançant il aperçoit soudain Lydia et celui qui est avec elle. Il reconnaît Nitarh tout de suite et se cache derrière une colonne.
« C’est Nitarh ! murmure-t-il à Niko. Qu’est-ce qu’il fait à Lydia ? !
— Viens par là ! » lui murmure Niko en volant vers une porte en bois entrouverte.
Une fois cachés dans ce débarras, Niko parle plus librement :
« Appelle Martin ! Il doit avoir fini son entraînement.
— OK, acquiesce Angel en ouvrant son transmetteur. Martin ? »
Le visage de Martin apparaît sur l’écran.
« Angel ? Qu’est-ce qui se passe ?
— Je sais pas trop. Nitarh est en train de faire du mal à Lydia ! Rejoins-nous vite à l’église Sainte-Cécile !
— J’arrive ! Je fais aussi vite que je peux ! »
Angel ferme son transmetteur.
« Bon, en attendant, il faut l’empêcher de nuire ! Amulette Arc-en-Ciel, métamorphose ! »

Pendant ce temps, Nitarh continue de pomper l’énergie de Lydia qui est de plus en plus faible.
« Quelle quantité d’énergie dans un corps aussi petit ! Le maître sera fier de moi !
— Arrête ça tout de suite !
— Qui est là ? ! »
Nitarh se retourne, rompant le flux d’énergie et libérant Lydia qui tombe à terre. Il voit Rain Bow debout sur un des bancs de l’église. Ce dernier a l’air très en colère.
« Lydia est une jeune fille innocente qui consacre son temps et son énergie à aider les autres, et tu oses t’en prendre à elle ! Prends garde ! Car je suis le messager de l’espoir, Rain Bow !
— Rain Bow… Je me demandais si tu allais venir ou pas cette fois-ci. Mais puisque tu es là, j’ai une surprise pour toi. Créature de l’Ombre, apparais ! »
L’ombre de Lydia s’allonge soudain, et à l’intérieur quelque chose semble bouger. Puis cette chose semble sortir de l’ombre en se dépliant, comme un papillon sortant de sa chrysalide. Elle est couverte d’une sorte d’huile visqueuse qui cache ses traits. Une fois complètement sorti, le monstre s’ébroue et semble se déployer tandis que l’huile disparaît. C’est un monstre femelle à la peau verte, habillée comme une carmélite, mais son costume est rouge au lieu d’être noir, et sa calotte est ornée de cornes. Quant à son crucifix, il est hérissé de pointes acérées.
« Carmélitaya, tu es superbe ! s’écrie Nitarh. Allez, occupe-toi de ce jeune sot pendant que je prends l’énergie de cette gamine !
— Tout de suite, maître ! »
Carmélitaya court vers Rain Bow, fait apparaître des crucifix pointus autour d’elle et les lance vers Rain Bow qui est obligé de sauter pour éviter de se faire transpercer. Pendant ce temps-là, Nitarh se retourne vers le corps inanimé de Lydia et tend son Miroir vers elle.
« Allez jeune fille, tu as encore beaucoup d’énergie à me donner ! »
Le flux d’énergie reprend, mais soudain il s’inverse au grand étonnement de Nitarh.
« Mais… qu’est-ce qui se passe ? Comment cette fille peut réabsorber son énergie ? C’est impossible ! »
Il écarte son Miroir pour faire cesser le flux, puis dit à Lydia (qui ne risque pas de l’entendre) :
« Petite peste ! Je ne sais pas comment tu as fait pour récupérer ton énergie, mais c’est très fort. Tu as de la chance que mon Miroir ne fonctionne qu’une fois sur une même personne. Allons-y, je n’ai plus qu’à rapporter le peu d’énergie que j’ai récupéré aux Sages Noirs. »
Nitarh devient complètement noir, puis sa silhouette se fond avec son ombre qui elle-même finit par disparaître.

Au même moment, Rain Bow est en mauvaise posture. Bloqué dans un coin et entouré de crucifix plantés dans les murs par Carmélitaya, il s’est recroquevillé alors que cette dernière s’apprête à lui lancer un crucifix en plein cœur.
« Tu n’es pas si puissant finalement », dit-elle avec sa voix cassée désagréable.
Elle lance son crucifix quand soudain :
« Boule de Feu ! »
La boule de feu frappe le crucifix et le fait disparaître. Rain Bow et le monstre se tournent vers la porte d’entrée d’où Red Bow a lancé son attaque.
« Red Bow ! J’suis content de te voir ! s’écrie Rain Bow.
— Désolé d’avoir été si long. J’espère que je n’ai rien manqué. Toi le monstre, tu vas regretter de t’être attaqué à mon ami ! Je suis Red Bow, le guerrier de l’espoir, et mon feu intérieur te le fera payer ! »
Carmélitaya se tourne vers Red Bow et saute sur lui, son crucifix à la main comme un poignard.
« Ah non ! s’écrie Rain Bow qui s’est relevé. Rubans Arc-en-Ciel ! »
Les rubans s’enroulent autour de la main du monstre qui en lâche son crucifix et est arrêté en plein vol. Elle retombe lourdement cul par-dessus tête.
« Et maintenant le coup de grâce ! Red Bow, avec moi ! Rubans Arc-en-Ciel !
— Boule de Feu ! »
La boule de feu se fond dans les Rubans Arc-en-Ciel qui grâce à leur énergie décuplée transpercent Carmélitaya. Dans un flash de lumière, cette dernière se transforme en une statue de sable dont sort une fumée noire qui disparaît rapidement. Ensuite la statue s’effondre en un tas de sable.

Quelques instants plus tard, Lydia commence à gémir.
« Lydia ! s’écrie Rain Bow. Vite, transformons-nous et allons l’aider ! »
Angel et Martin touchent leurs Amulettes respectives et sont entourés d’une aura correspondant à leur couleur. Leur costume est alors comme absorbé par l’Amulette et ils se retrouvent habillés comme avant leur transformation. Angel court soulever la tête de Lydia tandis que Niko vient se poser sur son épaule.
« Lydia ! Lydia ! Ça va ?
— Qu’est-ce… que… ? Angel ? ! s’écrie-t-elle en ouvrant les yeux. Où est passé l’homme bizarre, avec ses yeux noirs ?
— Il est parti, dit Martin, les Combattants de l’Arc-en-Ciel l’ont fait fuir.
— Martin ? Tu es là aussi ? Qu’est-ce que vous faites là tous les deux ?
— Tu sais bien que je t’avais dit que je viendrais pour t’aider aujourd’hui, dit Angel. Et Martin… euh… il est venu m’aider aussi ! »
Martin le regarde, surpris, mais Angel insiste en montrant Lydia des yeux :
« N’est-ce pas, Martin ?
— Euh… bien sûr !
— Mais c’est très gentil ça, dit Lydia qui semble retrouver peu à peu des couleurs. Alors allez-y ! On a besoin de bras et je peux rien faire pour l’instant.
— Et toi ?
— Je me sens déjà bien mieux. Je vais me reposer encore un peu et je vous rejoindrai après.
— D’accord. »
Angel l’aide à s’asseoir, lui fait un sourire et part vers la porte en emmenant Martin. Ce dernier lui murmure :
« Merci du cadeau, je voulais rentrer chez moi et me reposer ce soir.
— Ça va hein ? Tu aurais préféré que je lui dise la vérité ?
— C’est très bien d’aller aider les gens, murmure Niko. Allez-y, je suis fier de vous.
— Si toi aussi tu t’y mets… » dit Martin d’un air dégoûté.
Angel en éclate de rire, suivi de près par Martin.

Friday, 18 March 2011

Kibou Niji Rengou Rainbow Fighters. Interlude premier : Rain Bow et Red Bow

Salut à tous, c’est l’auteur qui vous parle ! il m’a semblé opportun de faire une petite pause. Après tout, Angel et Martin viennent de vaincre Atarh une fois pour toutes. Ils ont bien le droit de reprendre leur souffle ! Pour cette semaine, j’ai donc décidé de vous donner quelque chose de différent à lire.

Comme vous le savez déjà, Kibou Niji Rengou Rainbow Fighters est inspiré par l’animation japonaise, en particulier par Sailor Moon et d’autres séries de genre mahou shoujo. Deux des pierres angulaires de ce genre sont les séquences de transformation et d’attaque, et il était donc nécessaire de donner à mes personnages leurs propres séquences. Mais le médium écrit étant ce qu’il est, il était bien entendu hors de question de décrire toutes les transformations et attaques dans chaque épisode.

Pour résoudre ce problème, j’ai décidé d’utiliser cet interlude pour vous présenter les profils de Rain Bow et de Red Bow, ainsi qu’une description complète de leurs transformations et attaques. Comme ces séquences sont inspirées par des séries animées, ces descriptions sont très cinématiques, et réfèrent souvent à la « caméra ». L’idée est que vous puissiez vous imaginer la séquence comme si elle apparaissait sur un écran de télévision.

Enfin, je vous ai suffisamment barbés avec mes histoires. Je vous laisse avec les profils de Rain Bow et de Red Bow, et vous donne rendez-vous vendredi prochain, pour le septième épisode de Kibou Niji Rengou Rainbow Fighters. À la semaine prochaine !

Profil : Rain Bow

Rain Bow's original amulet
Slogan

« Quand la pluie du désespoir semble ne jamais devoir cesser, le soleil réapparaît soudain, et avec lui l’arc-en-ciel, dissipateur des ténèbres. Prends garde ! Car je suis le messager de l’espoir, Rain Bow ! »

Nom
Angel Descouleurs
Âge
15 ans
Anniversaire
12 juillet (Cancer)
Groupe sanguin
AB
Classe
lycée, seconde
Matière préférée
espagnol
Matière détestée
histoire-géographie
Aspiration
devenir écrivain
Hobby
lecture, écriture, jeux vidéos
Famille
enfant unique, orphelin depuis l’âge de 12 ans, vit chez sa tante paternelle
Couleur préférée
toutes
Plat préféré
la tarte au crabe
Plat détesté
les haricots verts, les épinards et le chou
Qualités
sincère, droit, honnête, généreux
Défauts
paresseux, timide, maladroit
Signe particulier
gaucher
Transformation

« Amulette Arc-en-Ciel, métamorphose ! »

Angel décroche l’Amulette de sa chaînette avec la main gauche. Il tend son bras gauche vers le haut, l’Amulette dans la paume de la main, et récite sa formule de transformation. L’arc-en-ciel sur l’Amulette s’illumine progressivement (à partir de l’arc violet jusqu’à l’arc rouge), puis l’Amulette émet une lumière blanche qui cache tout, sauf l’Amulette elle-même (du point de vue d’un spectateur extérieur, Angel disparaît dans une boule de lumière multicolore. Le reste de cette description réfère à ce qui se passe à l’intérieur de cette boule de lumière). Quand la lumière blanche s’estompe, l’Amulette est posée sur la poitrine d’Angel, dont le corps luit de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. La caméra monte de la poitrine jusqu’au visage d’Angel, qui ferme les yeux. Ensuite, la caméra recule tandis qu’il tend ses bras à l’horizontale. L’Amulette émet deux rubans arc-en-ciel, qui s’enroulent autour de ses avant-bras et de ses mains et forment ses gants dans un flash de lumière. La caméra avance de nouveau vers Angel, puis descend vers ses jambes, pendant que l’Amulette émet deux autres rubans arc-en-ciel qui s’enroulent autour de ses jambes et des pieds et forment ses bottes, là aussi dans un flash de lumière. La caméra remonte progressivement, suivant l’apparition du justaucorps blanc du costume d’Angel, qui apparaît comme s’il était crée à partir de ses bottes. Quand le justaucorps est complet, l’Amulette émet un flash de lumière qui cache tout. On voit alors Angel de face, en plan taille, les yeux toujours fermés, les bras légèrement écartés. Sa peau a retrouvé sa couleur naturelle. Le triangle de tissu sous son amulette ainsi que les morceaux de tissu qui passent sur ses épaules apparaissent, comme émis par l’Amulette. Sa chevelure est soulevée par un coup de vent et devient multicolore. Rain Bow ouvre les yeux. La caméra recule en faisant un tour autour de lui, tandis qu’il lève les bras au ciel avant de prendre sa position finale. Il apparaît enfin de face, en pied, la main droite posée sur la hanche et le bras gauche tendu devant lui, l’index pointé. Un arc-en-ciel apparaît à l’arrière-plan au moment où il s’immobilise.

Attaque

« Rubans Arc-en-Ciel ! »

La caméra est en gros plan sur l’Amulette Arc-en-Ciel. Rain Bow pose les mains sur son Amulette qui se met à briller d’une lumière multicolore. Cette lumière entoure ses mains, comme une aura colorée. Lentement, il tend ses bras à l’horizontale (chaque main est accompagnée d’une aura), tandis que la caméra recule en faisant un tour complet autour de lui, jusqu’à le montrer en pied et de face. La caméra se rapproche, et Angel tend les bras en arrière en criant : « Rubans … ». Puis il les ramène subitement devant lui, tendus, les mains paume contre paume, en criant « … Arc-en-Ciel ! ». Le mouvement brusque transforme les auras colorées en deux rubans arc-en-ciel d’énergie. Ils sont entraînés par les mains d’Angel et partent en tournoyant l’un autour de l’autre vers la cible, passant à travers le champ de la caméra qui recule rapidement. Ces rubans d’énergie peuvent emprisonner temporairement leur cible, ou la transpercer, ce qui cause souvent sa destruction.

Autre

« Arc-en-Ciel de Pouvoir, apparais ! »

Angel pose la main gauche sur son Amulette. Il récite la formule, et l’Amulette émet une aura multicolore qui entoure sa main. En faisant un geste du bras, il dessine un arc-en-ciel avec cette énergie. Cette image prend de la profondeur et de la consistance, et se solidifie pour former l’Arc-en-Ciel de Pouvoir, un objet flottant formé de sept arches cristallines, colorées et lumineuses. Chaque arche contient le pouvoir sacré d’une des couleurs de l’arc-en-ciel. Angel lui-même ne peut pas utiliser ces pouvoirs. Par contre, Niko peut en emprunter certains. Pour ce faire, il commence par voler en laissant une traînée arc-en-ciel derrière lui. Il fait un looping autour de l’Arc-en-Ciel de Pouvoir. Au moment où il repasse sous l’arche, il prend, ainsi que sa traînée, la couleur du pouvoir qu’il emprunte. Il peut alors utiliser le pouvoir associé à cette couleur. Cependant, cela l’épuise rapidement, et il ne peut pas utiliser ces pouvoirs à leur plus haut niveau. Son rôle est plutôt de trouver les compagnons de Rain Bow, ceux qui ont la capacité d’utiliser les pouvoirs sacrés des couleurs de l’arc-en-ciel. Pour donner un pouvoir sacré à la personne qui doit le recevoir, Niko commence par faire un looping autour de l’Arc-en-Ciel de Pouvoir, en laissant une traînée multicolore derrière lui. Mais au lieu de changer de couleur, l’aura arc-en-ciel qu’il a crée extrait la couleur souhaitée de l’Arc-en-Ciel de Pouvoir. Cette couleur se condense en une Amulette Colorée, que la personne peut utiliser pour se transformer en Combattant de l’Arc-en-Ciel. Comme l’Arc-en-Ciel de Pouvoir ne contient plus cette couleur, l’arche correspondante perd sa luminosité et devient transparente.

Profil : Red Bow

Red Bow's original amulet
Slogan

« S’attaquer à plus faible que soi est une lâcheté que je ne pourrai jamais pardonner. Je suis Red Bow, le guerrier de l’espoir, et mon feu intérieur te le fera payer ! »

Nom
Martin Defeux
Âge
15 ans
Anniversaire
31 mars (Bélier)
Groupe sanguin
O
Classe
lycée, seconde sport-études
Matière préférée
sport
Matière détestée
mathématiques
Aspiration
devenir basketteur dans une des équipes de la NBA
Hobby
faire du sport
Famille
père, mère, un frère cadet et une sœur cadette
Couleur préférée
rouge
Plat préféré
les pâtes
Plat détesté
la salade
Qualités
honnête, loyal, énergique
Défauts
irascible, impatient, parfois violent
Signe particulier
il mesure près d’1m90 !
Transformation

« Amulette Rouge, métamorphose ! »

Martin décroche l’Amulette de sa chaînette avec la main droite. Il tend son bras droit vers le haut, l’Amulette dans la paume de la main, et récite sa formule de transformation. L’arc-en-ciel rouge sur l’Amulette s’illumine, puis l’Amulette émet une lumière rouge qui cache tout, sauf l’Amulette elle-même (du point de vue d’un spectateur extérieur, Martin disparaît dans une boule de lumière rouge. Le reste de cette description réfère à ce qui se passe à l’intérieur de cette boule de lumière). Quand la lumière s’éteint, l’Amulette est posée sur la poitrine de Martin, dont la silhouette luit d’une lumière orange traversée d’éclats rouges. La caméra recule en faisant deux tours rapides autour de lui, tandis que son Amulette émet des dizaines de petites flammes qui virevoltent dans tous les sens. Dans le même temps, Martin ferme les poings, plie les bras, et les croise devant la poitrine. Quand la caméra est de nouveau en face de Martin et le montre en pied, celui-ci décroise les bras d’un geste brusque. Comme si elles répondaient à ce signal, les flammèches se rassemblent à ses pieds et forment une colonne de feu qui l’entoure puis grossit jusqu’à remplir le champ de la caméra. La flamme est alors soufflée et Red Bow apparaît en gros plan. Il porte son costume et ses cheveux sont devenus rouges. Il sourit, puis prend un air plus sérieux. Il fait un saut en arrière, pour se retrouver en pied dans le champ de la caméra, et prend sa pose. Son corps est en trois-quarts, la tête tournée vers la caméra, les jambes écartées de la largeur de ses hanches et les bras croisés sur la poitrine. L’arrière-plan se fige en une image orange marbrée de rouge quand il s’immobilise.

Attaque

« Boule de Feu ! »

La caméra montre Red Bow en plan taille. Il tend le bras droit devant lui, la main mi-ouverte, paume vers le bas. La caméra fait un zoom sur sa main tandis qu’il crie « Boule … », et qu’une petite explosion crée une boule de feu dans sa main. La caméra recule pour montrer Martin en pied. En criant « … de Feu ! », il jette la boule de feu en faisant les mêmes gestes qu’un lanceur de base-ball. Quand la boule atteint sa cible, celle-ci s’embrase immédiatement, pourvu qu’elle ne soit pas insensible au feu. C’est une arme assez efficace, d’autant plus que son intensité est proportionnelle à la colère de Martin. Comme celui-ci est facilement irrité…